Publications

Ouvrages collectifs et articlesPublication à venir

Ouvrages collectifs et articles

Essai sur Blade Runner, ses origines et son héritage

Par la reprise du schéma du roman fondateur Frankenstein ou le Prométhée moderne (Mary Shelley, 1818), et l’imagerie de sa mégalopole aux langues et cultures mêlées qui invoquent la tour de Babel et la dispersion de ses constructeurs, le film Blade Runner (Ridley Scott, 1982) réactualise la science-fiction en puisant aux origines même du genre, et par-delà au récit mythique de l’apparition de la vie, de l’homme, et au mystère de sa génération. Le film invoque, par l’adaptation d’une œuvre de Philip K. Dick (Les Androïdes rêvent-ils de moutons électriques?, 1968), les survivances qui traversent cette dernière.

Depuis le premier soir où j’ai vu à travers la neige hertzienne la replicant Rachel détacher ses cheveux, j’ai éprouvé le désir profond d’écrire sur ce film. J’étais un adolescent fasciné par le mystère du pouvoir d’attraction des images de ce film, que mes études de cinéma ont permis de nommer : photogénie, cette mystérieuse attraction qu’exerce certains sujets et objets sur une caméra, qu’a si bien décrit Jean Epstein. L’univers flamboyant de Blade Runner, si photogénique, est cauchemardesque. L’objet de cet essai que j’écris tente de comprendre la nature paradoxale de cette photogénie que j’ai ressenti si puissamment à la vision du film de Ridley Scott, même sur l’écran constellé de neige. Cet essai reviendra sur la création du film et analysera le travail d’adaptation du roman Les Androïdes rêvent-ils de moutons électriques? dont le film Blade Runner est une transposition à la fois autonome et complémentaire, et établira des liaisons avec sa suite Blade Runner 2049 (Denis Villeneuve, 2017).