Détail d'une couverture d'une édition anglophone du roman A Scanner Darkly de Philip K. Dick.

La drogue dans la vie et l’œuvre de Philip K. Dick

J’ai été invité par le professeur Bernard Granger à intervenir le 9 mars 2015 dans le cadre du séminaire “Addictions et Créativité” à l’hôpital Tarnier (groupe Cochin, Paris). Dans une conférence d’une heure, j’ai abordé les différentes fonctions de la drogue dans l’œuvre de l’écrivain de science-fiction Philip K. Dick (1928-1982), qui occupait une place aussi importante que dans sa vie. D’abord curative, puis utilisée pour écrire à un rythme effréné grâce aux amphétamines, la drogue acquiert de nouvelles fonctions dans la vie de l’écrivain, dont ses œuvres se font les reflets : elle permet d’accéder à de nouvelles frontières pour des individus condamnés à demeurer sur Terre, à voyager dans le temps, à glisser dans des univers mentaux qui menacent de les emprisonner (Le Dieu venu du Centaure [The Three Stigmata of Palmer Eldritch], 1964), à permettre l’irruption d’épiphanies surgissant au seuil de la destruction des personnages, sinon du monde.

La drogue est aussi dans les œuvres de Philip K. Dick une machine mélancolique, comme cet article le montrera, et c’est une mélancolie intense qui accompagne l’éparpillement de l’identité du junkie que décrit l’écrivain, en particulier dans son roman Substance Mort (A Scanner Darkly, 1977) écrit pour se souvenir de ses amis victimes de leur addiction. Comme leur créateur, dont les réflexions théologiques se mêlent dans ses œuvres aux inventions futuristes les plus délirantes, les personnages de Philip K. Dick demeurent dans l’attente d’une Révélation et d’un Royaume Céleste entrevu dans leur cerveau cramé par la drogue…

Voici les grandes lignes de cette conférence, dont vous pouvez lire la version écrite, l’article “Étincelles d’un cerveau cramé, la drogue dans l’œuvre de Philip K. Dick” publié dans PSN (Psychiatrie, Sciences Humaines et Neurosciences), Éditions Matériologiques, numéro 3, volume 13, 2015, pp. 77-93. Vous pouvez acheter l’article sur Cairn.fr au prix de 4 Euros.

Je tiens à remercier chaleureusement les professeurs Bernard Granger, Mario Blaise, Florence Thibault ainsi que les organisateurs et participants du séminaire “Addictions et Créativité” pour leur invitation et leur accueil chaleureux.

Illustration: détail d’une couverture d’une édition anglophone du roman A Scanner Darkly de Philip K. Dick.