Collectionner le monde avant l’extinction

« Dans un monde en passe d’être soumis à un saccage généralisé, le collectionneur devient une sorte de sauveteur qui se consacre à une oeuvre pie de récupération. »

Susan Sontag écrit ces mots en 1973 dans son recueil d’articles Sur la photographie (Éditions Christian Bourgeois, traduction de Philippe Blanchard, 2008, p. 112). Dans cette Amérique où la nature (et les habitants initiaux de l’Amérique) « a toujours été suspecte, sur la défensive, cannibalisée par le progrès » (ibid., p. 98), écrit-elle, « tout spécimen devient un vestige. » Dans cet article, nous allons tenter d’évoquer cette esthétique de la disparition qui imprègne la photographie depuis son invention, sujet de fascination depuis les premières silhouettes fantomatiques errant sur les plaques exposées durant de longues dizaines de minutes. Cet article, forcément fragmentaire, est avant tout une lecture d’un texte de Susan Sontag (d’où la subjectivité qui l’imprègne) sur ces fantômes envahissant le monde photographié, qui devient lui-même, bien que saisi dans le présent, un vestige instantané avidement recherché par le photographe.

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