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14 avril 2015

Les femmes fatales de Blue Velvet

par Cécile Desbrun

Comme nous l’avons vu dans l’article Enquêter sur le monde,  Blue Velvet met en scène un homme (spectateur-détective et double du cinéaste), deux femmes, l’une brune et l’autre blonde et une oreille comme pont entre les deux ou plutôt comme point d’entrée… Car le mystère … Lire la Suite

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14 avril 2015

Blue Velvet, enquêter sur le monde

par Cécile Desbrun

Après les errements de Dune, qui l’avaient fortement affecté, David Lynch retrouve  dans Blue Velvet le comédien Kyle MacLachlan (qui devient son acteur fétiche).  Blue Velvet  est un film caractéristique de son œuvre – mais encore étrangement linéaire – qui aboutira ensuite directement à la naissance de la série Twin … Lire la Suite

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4 mars 2014

Lost Highway, un purgatoire d’images

par Cécile Desbrun

Back to black: un pur film noir Premier film de David Lynch depuis le prequel de sa série Twin Peaks, Fire Walk With Me (1992), Lost Highway plonge intensément dans l’univers du film noir déjà présent dans Blue Velvet, Twin Peaks et Sailor et Lula. Mais cette fois-ci, il n’y a pas de … Lire la Suite

Les lèvres d'Alice (Patricia Arquette) dans Lost Highway de David LynchLe film noir, qui a connu son heure de gloire à Hollywood des années 40 jusqu’à la fin des années 50 est un genre très codifié, autant visuellement que narrativement : ses codes esthétiques, ses figures archétypales (détective, gangster, femme fatale), ses partis pris se retrouvent aisément d’un film à l’autre. Comme tous les genres, il peut également réserver des surprises et détourner les attentes des spectateurs : c’est le cas, par exemple de Laura (Otto Preminger, 1944) ou Gilda (Charles Vidor, 1946), où la femme  n’est fatale que dans le regard des hommes.

David Lynch, lui, s’est réapproprié les codes du film noir pour les mêler à ceux du mélodrame hollywoodien. Dans Blue Velvet (1986) ou Twin Peaks (1990-1992), l’univers du film noir représente ce monde interlope et mystérieux caché sous le vernis propret du rêve américain avec ses charmantes petites villes de banlieue. On y accède par le biais d’un fragment, tel la fameuse oreille coupée de Blue Velvet, qui va conduire le héros Jeffrey à explorer le mystère féminin, mais aussi à enquêter sur le monde et lui-même. Quant à Lost Highway (1997), pur film noir, il permet à son auteur de s’interroger sur la nature du cinéma en enfermant son héros dans un véritable purgatoire constitué d’images aussi sublimes que cauchemardesques, dominé par une double figure féminine incarnée par Patricia Arquette, tour à tour froide et brune, puis blonde et ensorcelante. Au travers de tous ces films, Lynch s’interroge sur la nature des images, qui ne sont jamais, dans le fond, ce qu’elles semblent être de prime abord, à l’image de sa femme fatale. Reconnaissable par son apparence, sculptée par les codes du film noir, elle appartient à un réseau d’idées, de références, d’images…

Mais elle est également liée dès le départ à la disparition. Qu’il s’agisse de Laura Palmer, l’adolescente défunte de Twin Peaks qui ouvre la série et qui se « matérialise » au fil des épisodes à partir de photos, objets personnels, témoignages et autres fragments de son existence ou de la mystérieuse brune rendue amnésique par un accident de voiture au début de Mulholland Drive (2001), la femme fatale lynchéenne se pose dès le départ comme liée à la mort et la perte. Immatérielle, elle se présente tout d’abord comme une surface, une image, belle mais inquiète, dans laquelle on plonge.