Image du film Gravity de Alfonso Cuaron (2013).

Gravity ou la poésie factuelle des astronautes

Ce qui a commencé à se dissoudre et se perdre dès la fin des missions Apollo n’est pas seulement le rêve d’une colonisation de la Lune et de l’exploration humaine d’autres astres, mais l’émerveillement transmis par les premiers hommes ayant … Lire la Suite

Chewbacca (Peter Mayhew) et Han Solo (Harrison Ford) dans Star Wars, Episode IV, Un Nouvel Espoir (1977).

Star Wars, lutte pour l’ordre naturel

Un manichéisme un rien primaire définit et oppose Bien et Mal de façon radicale dans la première trilogie Star Wars (1977-1983) créée et supervisée par George Lucas : la lumière et les ténèbres sont clairement associés respectivement au premier et au second. Star … Lire la Suite

Une collection de désirs d'images : Sucker Punch de Zack Snyder.

Fausses caméras et nouveaux pinceaux

C’est un plan banal du film Star Wars, Episode II, L’attaque des clones (George Lucas, 2002) : Anakin Skywalker caresse le dos de Padmé, puis se penche pour l’embrasser. Et pourtant, le commentaire audio de George Lucas révèle que l’acteur Haydn … Lire la Suite

Inception de Christopher Nolan

Inception, Donnie Darko et les boucles impossibles d’Escher

Le critique Albert Flocon écrivait à propos de l’œuvre du dessinateur et graveur M.C. Escher, en 1965 : « Son œuvre ajoute à l’excitation esthétique, toujours quelque peu passive, l’excitation intellectuelle d’y découvrir une structuration rigoureuse qui contredit l’expérience quotidienne … Lire la Suite

Batman (Christian Bale) sur sa Batmobile dans The Dark Knight

The Dark Knight, l’anachronisme du chevalier noir

Un chevalier aujourd’hui : tel était l’anachronisme qui rendait incohérent le premier Batman ressuscitée par le cinéaste Christopher Nolan (Batman Begins, 2005). Mais c’est ce même anachronisme qui est l’enjeu du second, The Dark Knight (2008) : un chevalier peut-il … Lire la Suite

Batman (Christian Bale) et le Joker (Heath Ledger) dans The Dark Knight

Batman (Christian Bale) et le Joker (Heath Ledger) dans The Dark Knight (Christopher Nolan, 2008).

Un blockbuster peut-il être une œuvre d’auteur?

Les blockbusters sont, depuis Les Dents de la mer (Steven Spielberg, 1975), des films à gros budget censés pouvoir faire exploser le box-office dans un délai très court, comme une bombe qui fait exploser tout un pâté de maison, ou une pièce de théâtre dont le succès est tel qu’il condamne les théâtres alentours à la disparition (pour reprendre les deux origines du mot blockbuster). Pourtant, ces films calibrés pour réussir financièrement, étroitement contrôlés par les studios, se crashent aussi au box-office et échappent parfois à la logique à court terme qui les a fait naître pour devenir des récits qui s’impriment durablement dans l’imagination, telle la saga Star Wars (créée par George Lucas en 1977) qui constitue une proposition de nouveau mythe. Tel était aussi l’ambition d’Avatar  (James Cameron, 2009).

Les blockbusters ont malheureusement trop souvent pour responsables, au mieux des artisans habiles mais anonymes (tel Richard Donner en son temps), au pire des tâcherons employés pour dire « Yes » aux executives (Roland Emmerich, Michael Bay), mais ils ont parfois des auteurs à leur tête (James Cameron, Steven Spielberg, Peter Jackson, Ridley Scott pour ne citer qu’eux). Ces auteurs doivent jouer avec les attentes des spectateurs tout en imposant leur vision singulière d’artiste, auprès du public tout comme des studios. D’où des films aux tendances contradictoires, telle la schizophrénique trilogie Matrix (Lana et Andy Wachowski, 1999-2003).

Nouveaux auteurs, nouvelles esthétiques

Cette dernière décennie, deux auteurs ont contribué à faire du blockbuster hollywoodien la surface de projection en Imax des interrogations du public : Christopher Nolan et Alfonso Cuarón. Le premier a fait gicler sur l’écran les peurs et les fantasmes sécuritaires de l’Amérique post-11 septembre avec The Dark Knight (2008), l’anachronique chevalier noir Batman devenant son mal nécessaire. Dans Inception (2010), Christopher Nolan réactualise les boucles impossibles du dessinateur M.C. Escher, imaginant des rêves au sein d’un rêve éveillé qui n’est autre que le film lui-même. Alfonso Cuarón a quant à lui repoussé les limites technologiques afin de proposer une expérience viscérale avec Gravity (2013), qui use du goût des films d’action pour la survie afin d’interroger la présence de l’homme dans l’espace.

Les moyens technologiques dont disposent les réalisateurs de blockbusters influent sur les choix esthétiques qui sont opérés et conduisent, avec ou sans prise de conscience de leurs implications, à une remise en cause de l’image cinématographique pensée comme fixation d’une action réelle.